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Webinaires de la CSA: Les impacts de la crise de la covid-19 sur les femmes et les travailleurs palestiniens

2020-06-03

Ghaya Ben Mbarek – Rédaction de la CSA

 

La Confédération syndicale arabe (CSA) a organisé, le 27 avril dernier, une session de webinaire pour revenir sur les impacts de la crise de la covid-19 sur les femmes et les travailleurs palestiniens.

La modératrice de la session, Hind Ben Ammar, coordinatrice du bureau de la CSA, a introduit, au début de la rencontre, les conférencières présentes au webinaire : Mouna Khalili, trésorière de l'Union générale des Palestiniennes, et Aicha Hamoudha, représentante de la Confédération générale des syndicats palestiniens.

Au début de son intervention, Mouna Khalili a présenté l’état des lieux de la situation des travailleurs palestiniens au niveau des frontières de la Ligne Verte, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

« Les violations en Palestine continuent d’augmenter alors que nous traversons cette crise sanitaire mondiale ; le coronavirus n’a pas mis fin aux pratiques violentes de l’occupation. À Jérusalem, les arrestations aléatoires se sont multipliées, englobant même des volontaires qui ont tenté d'aider à la stérilisation et au nettoyage dans les espaces publics. Il en est de même pour les confiscations de terres qui n'ont jamais cessé », a déclaré Khalili.

« Ignorant tous les accords internationaux relatifs aux droits de l'homme, les autorités de l’occupation n’ont pris aucune mesure sérieuse pour protéger les prisonniers et otages palestiniens au cours

de cette pandémie », a ajouté la trésorière de l'Union générale des Palestiniennes.

Khalili a révélé que son organisation et d'autres ONG locales ont tenté de relayer la situation en adressant des lettres au secrétaire-général de l'ONU, António Guterres. Par cette initiative, les organisations souhaitaient que la communauté internationale fasse pression sur Israël pour la libération des prisonniers malades et des femmes et enfants qui sont détenus dans les prisons israéliennes et contraints de faire face à des conditions de santé difficiles pendant cette pandémie.

Selon Mouna Khalili, 5000 palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont 200 enfants et 42 femmes. L’intéressée a souligné que ce nombre peut augmenter à tout moment en raison des restrictions et violations pratiquées actuellement par les forces de l’occupation.

« Ces détenus manquent de médicaments et de moyens de désinfection ainsi que des services de santé les plus élémentaires, ce qui les expose au risque de contracter soit le coronavirus, soit toute autre maladie contagieuse. Après qu’Israël ait ignoré toutes nos requêtes dans ce sens, nous avons décidé de lancer des appels internationaux afin que la communauté internationale fasse pression pour la libération de ces détenus », a poursuivi Khalili.

Alors que la Palestine, comme d'autres pays du monde, a décrété l'état d'urgence et a appliqué les mesures d'auto-isolement et de confinement sanitaire général, plusieurs femmes, contraintes de rester chez-elles, ont été victimes de violences conjugales. « Le confinement sanitaire général a aggravé la situation économique et sociale de nombreuses familles, ce qui a conduit à une importante augmentation de la violence à l’égard des femmes comme le démontrent les chiffres officiels », a ajouté Khalili.

Au cours des mois de mars et d’avril, 70 femmes ont été victimes de violences directement causées par la crise des coronavirus ; 48% de ces cas sont en effet survenus pendant l’état d'urgence. Les cas de violence, qui varient entre la violence psychologique, physique, sexuelle et, dans certains cas, économique, se sont multipliés à cause du confinement général.

La conférencière a par ailleurs noté que la majorité des Palestiniennes travaillant dans le secteur informel et dans les garderies ont perdu leur travail et tout moyen de subsistance. La syndicaliste a souligné que cette situation a été la même pour les travailleurs de l’intérieur des frontières de la Ligne Verte.

« En dépit de l’accord signé entre le ministère du Travail, les syndicats et le secteur privé – un accord qui garantit la moitié des salaires des travailleurs – la stabilité professionnelle et financière des travailleurs n’a pas été préservée », a ajouté Khalili.

Mouna Khalili a également rappelé que le gouvernement palestinien a accordé une subvention financière de 100 $ aux travailleurs qui ont perdu leurs emplois mais, malgré ces procédures, les taux de pauvreté ont doublé, en particulier auprès des familles et des ménages qui dépendent du travail des femmes pour subsister.

La trésorière de l'Union générale des Palestiniennes a par ailleurs rappelé que les Palestiniennes ont été confrontées à d’autres défis notamment en ce qui concerne la création de foyers pour les femmes victimes de violences. Il n’existe en effet que trois foyers dédiés à ces femmes en Palestine ce qui a compliqué encore plus la situation de ces victimes qui n’ont pas accès aux tribunaux pendant la pandémie.

Répondant à une question sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, Mouna Khalili a expliqué que « Gaza est isolée depuis 13 ans et connaît un important surpeuplement. C’est pour cela que la situation deviendrait très dangereuse si le nombre de cas venait à

augmenter. Cependant, l’isolement de la région a empêché la propagation du virus ».

A la fin de son intervention, Mouna Khalili a rappelé que la situation des travailleurs palestiniens était déjà délicate et qu’elle risque de sérieusement s’aggraver suite à la crise sanitaire actuelle ; avec une économie déjà fragilisée des effets de l’occupation, la Palestine ne dispose d’aucune protection sanitaire efficiente.

A la seconde partie du webinaire, la parole a été donnée à Aicha Hamoudha, de la Confédération générale des syndicats palestiniens, qui a axé son intervention sur les problèmes et les défis auxquels sont confrontées les femmes palestiniennes pendant la pandémie ainsi que sur l'étendue des procédures prises par les autorités palestiniennes.

« La Confédération a travaillé sans relâche pour inclure les femmes dans les processus de création des comités d'urgence et des unités de suivi des plaintes », a déclaré Hamoudha.

« Cette pandémie a mis en évidence les forces et les lacunes du système social palestinien. Elle a démontré qu'environ 25.000 femmes subviennent aux besoins de leurs familles et que beaucoup d'entre elles sont confrontées à une situation de pauvreté extrême. Cette crise a également souligné les principales failles du marché du travail palestinien », a expliqué Hamoudha.

Hamoudha a également noté que « cette crise sanitaire mondiale a attiré l’attention sur les principales violations auxquelles les femmes et les travailleurs palestiniens sont soumis de la part des autorités de l'occupation israéliennes ».

« Les travailleurs palestiniens de la Ligne verte sont extorqués et poussés à travailler dans des maisons de retraite ; des postes rejetés par de nombreux travailleurs israéliens et étrangers", a-t-elle poursuivi.

Hamoudha a également dénoncé le traitement inhumain pratiqué par les forces de l’occupation contre les prisonniers et détenus palestiniens qui continuent de croupir dans leurs cellules sans aucune protection. Selon l’intéressée, environ 150.000 travailleurs palestiniens ont été autorisés à rentrer chez eux après avoir été exposés dans les principaux foyers épidémiques. Ces travailleurs n’ont été soumis à aucun contrôle médical avant leur retour. Un tel comportement, selon Hamoudha, met en danger de nombreux autres Palestiniens et met en péril toute autre tentative de contenir la propagation du coronavirus.

« En plus de ces pratiques, les autorités israéliennes ont également effectué des prélèvements au niveau des salaires et des cotisations sociales des travailleurs palestiniens. Cet argent est clairement détourné par le gouvernement israélien qui le destine à ses propres fonds anti covid-19 », a ajouté la responsable syndicale qui a aussi détaillé les crimes commis par les autorités de l'occupation pendant la crise de la pandémie.

Concluant son intervention, Aicha Hamoudha a présenté quelques recommandations en soulignant que leur application doit être maintenue même après la crise actuelle. La conférencière a noté qu'il est essentiel de ratifier certaines conventions majeures de l'OIT qui garantissent plus de droits pour les travailleurs, une réévaluation des concepts relatifs au travail à distance, le concept de santé et de sécurité professionnelles ainsi que la création d'un système de travail plus inclusif qui englobe et prend plus en considération les travailleurs irréguliers et journaliers.

Hamoudha a également souligné la nécessité de revoir le concept de pauvreté en Palestine de manière à inclure davantage de catégories et de fragments de la population palestinienne, ainsi que la promulgation de la loi sur la sécurité sociale qui devient de plus urgente.