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Etude : Le manque d'opportunités et les discriminations, principaux obstacles au travail pour les femmes

2019-09-02

Rania Sarayra

 

Une étude spécialisée a affirmé que, parmi les obstacles les plus récurrents auxquels font face les femmes dans le monde professionnel, figure le manque d’opportunités puisque sur une totalité de 349 femmes sondées, seules 166 travaillent soit un taux de 37.8 % contre 273 femmes au chômage, 62.2 %, dont 192 Syriennes avec un taux de 70.3 % de la totalité des chômeuses.

L’étude, publiée par la Renaissance Arabe pour la Démocratie et le Développement-ARDD et intitulée ‘Obstacles à la participation économique des femmes en Jordanie’, a indiqué que de nombreuses femmes font recours au secteur parallèle sans compter celles qui choisissent le travail indépendant dont le nombre a augmenté par rapport à un sondage précédent.

Les résultats du sondage ont dévoilé que la raison qui amènent les femmes à choisir le secteur parallèle est ‘la formation professionnelle basée sur le genre’ pratiquée par les organisations non-gouvernementales ce qui les oblige à opter pour des projets domestiques financièrement instables.

L’étude s’est essentiellement basée sur les plus fragiles de ces femmes à savoir les réfugiées syriennes et les Jordaniennes les plus démunies dont les niveaux académiques sont les plus faibles. En effet, et malgré que les Jordaniennes bénéficient d’un niveau académique plus important que celui des Jordaniennes, cela ne leur permet pas pour autant de décrocher des postes bien payés. Cela peut être expliqué, à tort, par le fait que le niveau salarial ne dépend pas forcément du niveau académique.

L’étude a démontré que pendant que les gouvernements et les organisations non-gouvernementales encouragent les femmes à rejoindre le marché du travail pour y devenir des leaders, ces mêmes femmes doivent répondre à des obligations domestiques qui les bloquent encore plus dans leur participation à la roue économique nationale. En plus de cela, il existe un nombre incalculable d’obstacles face aux femmes travailleuses dont le manque d’opportunités, les discriminations sur les lieux du travail, les politiques sociales (les congés de maternité et l’absence de crèche pour enfants) sans compter les cas d’harcèlement.

Même si l’étude de ‘ARDD’ démontré que les bas salaires jouent un rôle crucial pour les femmes jordaniennes et les réfugiés syriens, cela demeure moins important pour les Syriennes qui sont moins payées que les Jordaniennes.

La publication a indiqué que les difficultés d’obtention des permis de travail ne représentent pas un vrai blocage pour les Syriennes qui ne sont de toute manière pas destinées aux secteurs ouverts aux étrangers (bâtiment, agriculture et industrie). Les résultats de l’étude ont aussi démontré que plusieurs femmes abandonnent le travail après leur accouchement ce qui prouve que le congé maternel, article 70 du Code du travail, est insuffisant. Et d’ajouter que certains employeurs recrutent des réfugiés syriens pour des secteurs supposés être exclusifs pour les Jordaniens ce qui prouve qu’interdire des secteurs aux étrangers ne résout en rien la question du chômage des Jordaniens mais amplifie les blocages devant les réfugiés syriens.